Isabelle Quentin

Usages, numérique, éducation, réseaux d'enseignants, MOOC

Utilisation des listes de discussion : quelles différences culturelles ?

Ce billet est un résumé librement traduit de l’article publié par P. Von Münchow & F. Rakotonoelina  » intitulé Questions and explanations in French and Anglo-American Usenet newsgroups.

Le texte propose une analyse interculturelle des interactions dans des communautés virtuelles anglo-américaines et francophones. Pour cela, Ils analysent un corpus constitué de deux groupes d’experts discutant sur des questions liées à l’environnement. L’un de ces groupes est anglo-américain et l’autre est francophone.

  1. Les questions : les auteurs analysent toutes les phrases qui portent en elles une question. Dans le groupe anglo-américain, les questions sont utilisées pour demander une information mais elles ont aussi souvent un autre objectif: ramener la discussion vers le sujet initial. Les anglophones n’apprécient pas les digressions. Les questions sont aussi utilisées pour réclamer des sources au locuteur précédent. Elles sont parfois utilisées pour justifier certains propos  (réponse à sa propre question). Dans le groupe francophone, Les sujets abordés sont identiques mais sont traités d’une manière très différente. Les questions des locuteurs français ne sont pas toujours en lien avec le sujet principal du fil de discussion. Par exemple, les questions peuvent être porteuses de critiques sur l’absence de connaissance d’un locuteur Comment pouvez-vous être aussi mal documenté sur ce sujet ?. Dans le groupe francophone les questions servent aussi à créer du lien et sont de ce fait souvent accompagnées d’émoticônes🙂. Les phrases interrogatives servent à plaisanter et sont souvent une manière d’éviter de traiter directement des problèmes liés à  l’environnement. Les digressions sont très fréquentes.

  2. Les explications :  Dans le groupe anglo-américain, il est fréquent que les locuteurs remercient les autres pour leurs explications ou qu’ils changent d’avis après avoir pris connaissance d’un fil de discussion. Les participants recherchent des explications collectives sur des problèmes complexes. Les réactions négatives s’observent à la suite de message non basés sur des faits scientifiques. Dans le groupe francophone, les phrases explicatives sont peu fréquentes et n’apparaissent que dans certains contextes spécifiques (message initial et réponses aux quelques questions directes). Les explications spontanées provoquent fréquemment un retour de flammes, d’où parfois la publication d’excuses par anticipation par les locuteurs. L’explication a un statut difficile dans le groupe francophone. Elle semble incompatible avec le principe d’égalité entre les participants mis en avant dans ce type de réseaux d’échanges.

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Cette entrée a été publiée le 18 janvier 2012 par dans Articles, et est taguée .
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