Isabelle Quentin

Usages, numérique, éducation, réseaux d'enseignants, MOOC

Cartographier les connaissances : l’approche par les processus

Réaliser une cartographie des connaissances consiste à faire un inventaire détaillé des connaissances détenues par les membres d’une organisation et jugées utiles pour assurer sa performance. L’approche par les processus vise à déterminer les connaissances critiques dont la perte entraînerait des dysfonctionnements. Eppler (2001) distingue 2 types de cartes associées à cette approche.

Les Knowledge source maps qui sont des cartographies d’expertise. Pour établir ce type de carte, nous pouvons utiliser la démarche GAMETH [1], élaborée par Michel Grundstein en 2002. Elle vise à repérer, localiser et caractériser les connaissances critiques d’une organisation. Pachulski et ses collègues (2002) présentent les postulats sur lesquels repose la démarche GAMETH :

  • La connaissance n’est pas objet mais elle résulte de la rencontre d’un sujet ou d’une organisation avec une donnée. La première étape de la démarche GAMETH est donc d’établir un schéma de représentation de l’organisation (secteur d’activité, métiers, orientations stratégiques).
  • La connaissance est reliée à l’action. La démarche GAMETH est centrée sur les processus de production et de fonctionnement. Elle est dirigée par les problèmes qu’une organisation cherche à résoudre. Les seconde et troisième étapes consistent à repérer les processus sensibles (cad aux enjeux collectivement reconnus) et les activités critiques pour l’organisation.
  • La connaissance repose sur deux catégories le savoir-être et le savoir-faire. Le savoir-être regroupe les composantes qui influent la façon dont un individu ou un groupe d’individu construit une vision du monde qui lui est propre. Le savoir-faire regroupe les composantes qui permettent à un individu ou à un groupe d’individus de résoudre un problème. La dernière étape consiste à répertorier les connaissances cruciales pour l’organisation, parce qu’elles lui permettent de résoudre ses problèmes.

Les knowledge application maps servent à recenser les connaissances liées à un problème ou à un besoin spécifique.  Tseng et Huang (2005) proposent une démarche pour identifier les connaissances cruciales  d’une organisation (cad Les connaissances nécessaires pour résoudre les problèmes portant sur un objectif donné, et qui devraient être capitalisées). Leur approche est basée sur une analyse quantitative de l’information recueillie en interviewant des experts. Différentes techniques d’acquisition sont utilisées (DELPHI, NGT, etc.) pour recueillir et classer les besoins en matière de connaissances pour la résolution de problèmes. Tseng et Huang proposent une procédure algorithmique à partir des données recueillies afin de déterminer quatre ensembles qui caractérisent l’importance de la connaissance:

  • Les connaissances vitales : ce type de connaissances est considéré par les auteurs comme très important. Elle doivent être répertoriées et située dans leur contexte.
  • Les connaissances devant être acquises rapidement : ce type de connaissances est considéré par les auteurs comme important car il permet de résoudre facilement certains types de problèmes fréquents.
  • Les connaissances dites saisonnières : ce type de connaissances n’est pas utile lors de la résolution de la plupart des problèmes.
  • Les connaissances insignifiantes : ce type de connaissances n’est pas collecté et aucune action n’est recommandée, sauf en cas de besoin particulier.

Références

Ermine, JL. Boughazala, I. Tounkara, T. (2006). Critical knowledge Map as a decision Tools for konowledge transfer actions. The electronic journal of knowledge management, vol 4, issues 2, p.129-140.

Eppler, MJ. (2001). Making knowledge visible thought intranet knowledge map: concepts, elements, cases. In IEEE acts de la 34ème Hawai international Conference of system Sciences.

Grundstein, M., Rosenthal-Sabroux, C. (2001). Vers un système d’information source de connaissance, chapitre 11, p. 317-348, dans Ingénierie des Systèmes d’Information, Ouvrage collectif sous la direction de Corine Cauvet et Camille Rosenthal-Sabroux, Hermès sciences Publications, 2001

Pachulski A., Rosenthal-Sabroux C., Grundstein M. (2002). Apport des méthodes de gestion des connaissances pour la conception de systèmes d’information numérique; Proceeding Inforsid 2002, Nantes, Juin 2002.


[1] L’acronyme GAMETH signifie Global Analysis METHodology

4 commentaires sur “Cartographier les connaissances : l’approche par les processus

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Cette entrée a été publiée le 7 mars 2012 par dans Articles, et est taguée , , , .
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