Isabelle Quentin

Usages, numérique, éducation, réseaux d'enseignants, MOOC

Cartographier les connaissances : l’approche par les domaines

La cartographie des connaissances « domaine » d’une organisation est associée à des pratiques métier au sens de la théorie de communautés de pratique de Wenger (1998). Elle se réalise à partir l’analyses de documents ou de témoignages d’acteurs. On distingue deux principaux types de cartes associés à cette approche.

Les knowledge source maps

Elles représentent des cartographies de stock de connaissances. La méthode des arbres de connaissances (Authier & Levy, 1992) permet de les construire. Les arbres de connaissances tirent leur origine d’une mission confiée en novembre 1991 par le Premier Ministre de l’époque (Edith Cresson) à Michel Serres pour essayer d’instrumentaliser et de rationaliser tout ce qui tourne autour des concepts de formation, de connaissances et de savoirs. Un arbre de connaissances représente l’ensemble des savoirs que possède une communauté, que celle-ci soit une entreprise, un quartier, un organisme de formation, une région, etc. La compétence ou l’objet de connaissance ainsi représenté peut être l’attribut d’une ou de plusieurs personnes. Dans le tronc de l’arbre se trouvent les savoirs de base, ceux que les membres de la communauté ont acquis en premier, tandis que les feuilles correspondent aux savoirs spécialisés ; les branches, elles, rassemblent les savoirs qui se trouvent toujours associés dans certains blasons (liste des compétences ou des objets de connaissances détenus par une même personne). Le blason constitue le cœur du système ; propre à chaque individu, c’est une représentation graphique de ses savoirs et savoir-faire, y compris ceux qui sont nés de l’expérience des individus appartenant à un groupe.

Les knowledge asset maps

Elles permettent de recenser les besoins en connaissance pour un domaine particulier. Pomian et Roche (2002) proposent une méthode de cartographie des connaissances domaines d’une organisation en se basant sur la distinction entre les connaissances tacites et les connaissances explicites.

  • Les connaissances tacites sont identifiées au cours d’entretien d’experts appartenant à l’organisation puis classées selon leur degré d’utilité et leur probabilité à être réutilisées.
  • Les connaissances explicites sont identifiées à partir de l’analyse des documents émis par l’organisation. Chaque document est classé selon quatre critères : le niveau de lisibilité, de clarté, de pertinence et d’accessibilité.

Une autre méthode permet de réaliser des Knowledge asset maps, la méthode M3C (Tounkara & al, 2005). Cette méthode a pour objectif de représenter de façon hiérarchique les différents domaines de connaissances d’une organisation. La mise en œuvre de la méthode M3C nécessite de suivre plusieurs étapes de façon chronologique :

  • L’identification des connaissances de l’organisation : cette identification est réalisée à partir des différents documents émis par l’organisation (statuts, organigramme, descriptions des stratégies, études, publication de résultats etc.)
  • La construction d’une première version de cartographie : Cette première version est conçue en suivant un processus itératif : appropriation du problème, co-construction de la représentation et validation.
  • Entretiens individuels et collectifs d’experts : Ces entretiens ont pour objet de discuter, modifier ou valider la première version de la cartographie.
  • Élaboration de critères de classification de domaines de connaissance : Cette étape permet de classer chaque domaine de connaissance de la carte réalisée précédemment en fonction de son caractère plus ou moins critique pour l’organisation.
  • Réalisation de la carte de connaissance : La version finale de la cartographie se fait après échantillonnage, collection et scoring des données.

Références

Authier, M., Levy, P. (1992). Les arbres de connaissances. Paris : La Découverte.

Pomian J., Roche C. (2002), Connaissance capitale. Management des connaissances et
organisation du travail, Editions Sapientia et l’Harmattan.

Tounkara, T., Boughzala, I., Ermine, J-L. (2005). M3C:une méthode de cartographie des connaissances critiques. Actes de la 5ème conférence IBIMA on Internet & Information Technology in Modem Organizations. 13-15 Décembre, Le Caire, Egypte.

Wenger, E (1998), Communities of practice : learning as a social system. In System thinking.

2 commentaires sur “Cartographier les connaissances : l’approche par les domaines

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Cette entrée a été publiée le 9 mars 2012 par dans Articles, et est taguée , , , .
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