Isabelle Quentin

Usages, numérique, éducation, réseaux d'enseignants, MOOC

Identité numérique individuelle et identité numérique collective

Muchielli (1986) définit l’identité comme est un ensemble de référents matériels, sociaux et subjectifs choisis pour permettre une définition appropriée d’un acteur social. Dès l’instant qu’un groupe se forme il y a production de signes distinctifs qui vont conduire les membres à se reconnaître à la fois comme différents de ceux qui sont hors du groupe (identisation) et semblables à ceux qui sont dans le groupe (identification). La construction de l’identité individuelle se construit par un processus d’identifications successives, par lequel les valeurs et les normes vont être progressivement intériorisées. A l’inverse l’identité d’un groupe est construite au fil des interactions qui se nouent entre les membres. Les identités individuelles et collectives sont par conséquent imbriquées et prennent appui les unes sur les autres.

–  La construction d’une identité numérique individuelle permet à l’individu de se singulariser par rapport aux autres. Merzeau (2009) explique que la personnalisation de l’information via les outils du Web social oblige à redéfinir l’individu comme une collection de traces. De son côté la FING (Fondation Internet Nouvelle Génération)[1] relève que les individus, acteurs sur le Web social possèdent plusieurs identités. Elle considère que ces identités sont autant d’outils et de ressources grâce auxquels les individus organisent leur existence numérique, au service de leurs valeurs, de leurs objectifs et de leurs priorités.

La construction d’une identité numérique collective résulte de l’ensemble des caractéristiques spécifiques de l’organisation et de ses participants. Elle dépend des principes d’action du collectif, de ses conditions d’implantation dans l’espace social, de ses finalités, des modalités de division du travail, des types de leadership qu’elle tend à prévaloir, des manières de faire mais aussi de ses règles ou de ses normes de fonctionnement.

Ainsi, la construction des identités numériques individuelles et collective donne à voir une collection de traces publiées en ligne. Analyser ces traces donnent à voir les éléments composant les identités numériques des acteurs et de ce fait permet d’identifier leurs valeurs et leurs priorités. Au niveau d’une organisation, l’analyse de cette collection de traces devrait permettre, non seulement de (re)connaître les types de leadership mis en avant, les modalités de division des tâches mais aussi ses règles explicites et ses normes implicites de fonctionnement.

Références

Muchielli, A. (1986). L’identité. PUF, coll Que-sais-je n°2288

Merzeau, L. (2009). Présence numérique : les médiations de l’identité. Les Enjeux de l’information et de la communication 1/2009 (Volume 2009), p. 79-91.


[1]  L’article intitulé Identité actives publié sur le site de la FING est consultable à l’adresse http://www.fing.org/?Presentation,18 (28 mars 2012).

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Cette entrée a été publiée le 27 mars 2012 par dans Articles, et est taguée .
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