Isabelle Quentin

Usages, numérique, éducation, réseaux d'enseignants, MOOC

Ce soir, TV, bouquin ou MOOC ?

Ceci est le second article d’une (petite) série qui a pour objet de présenter des résultats d’analyses issus d’entretiens menés auprès d’utilisateurs de MOOC. Pour mémoire voici le contexte des entretiens :

Les MOOC sont désormais bien installés. On peut faire l’hypothèse que les comportements des apprenants ont évolué et que leurs discours sur leurs intentions par rapport à ce dispositif de formation se sont affinés. Pour le découvrir, j’ai souhaité réaliser une série d’entretiens semi directifs.

J’ai lancé un appel sur différents réseaux sociaux, ce qui m’a permis de conduire 3 entretiens semi directifs d’une quarantaine de minutes chacun. C’est évidemment trop peu pour prétendre à une quelconque généralisation des résultats. Pour être franche, j’ai même hésité à publier les résultats. Après réflexions, il m’a pourtant semblé que les discours de ces apprenants méritaient que l’on s’y attarde. En effet, les 3 répondants ont des profils différents (âge, profession etc.) et pourtant leurs discours mettent en avant de nombreuses similitudes qui pourraient faire l’objet de pistes de recherches.

1 femme et 2 hommes ont participé aux entretiens. Deux d’entre eux sont insérés dans la vie professionnelle. Le premier est cadre de l’éducation nationale et le second est responsable de projets informatiques pour une entreprise de grande taille. Le denier est étudiant en communication. Ils ont tous en commun d’être de fervents adeptes des formations de type MOOC. Ils en tous suivis plusieurs (entre 3 et 17).

Dans cet article, je vais m’attacher à présenter les discours de ces utilisateurs de MOOC sur les vidéos.

MOOC vs séries TV ou lecture

Les 3 répondants déclarent qu’ils ont l’habitude de suivre leurs MOOC en soirée. Ils rajoutent que ce créneau horaire place naturellement les MOOC en concurrence avec le programme TV. Ils ont tous en commun le fait de trouver peu d’intérêt à la programmation proposée habituellement par les chaînes hertziennes. Ils la trouvent sans intérêt et ont tendance à l’assimiler à une perte de temps.

Je suis des MOOC parce que je suis à l’hôtel, la télé ne présente aucun intérêt. Quitte à passer 2 ou 3 heures je préfère les remplir utilement. E1

Plutôt que de regarder une série le soir, je fais un MOOC. Je suis dans une optique d’optimisation de temps. E2

Un autre répondant n’a pas de poste de télévision à son domicile. Le choix pour occuper ses soirées se réalise donc entre la lecture et le MOOC.

Je dois choisir entre le MOOC et la lecture car je n’ai pas la télé et donc il y a bien une mini concurrence entre le MOOC et le bouquin que je suis en train de lire. E3

Les MOOC qui parviennent à gagner le match face à la TV ou le bouquin posé sur la table de nuit sont ceux dont les vidéos sont dynamiques et réussissent ainsi à capter l’intérêt des participants.

Les vidéos sous la forme conférence filmée sont jugées ennuyeuses

Ce qui ressort des discours des 3 participants, c’est qu’ils apprécient les efforts réalisés dans la conception et le montage des vidéos. Pour dire les choses autrement, les vidéos dans lesquelles un enseignant dispense son savoir sous la forme d’une conférence ou d’un cours magistral leur paraissent ennuyeuses.

Ce que je trouve ennuyeux c’est les vidéos qu’avec les gens des parlent sans animation, dans ce cas autant lire le script. E2

Parfois même ce format de vidéo peut suffire à conduire le participant à abandonner le MOOC.

J’ai abandonné un MOOC sur […] pourtant c’était un thème qui m’intéressait énormément et j’ai abandonné parce que pour moi le MOOC c’est autre chose qu’un prof d’université qui se fait filmer et pour lequel on voit la vidéo en ligne. C’est plus la forme qui m’a dérangée. J’attends autre chose d’un MOOC que le gars qui se fait filmer pendant son cours et qui met çà sur Internet. E1

Des participants à la recherche de vidéos attractives et ludiques

Le MOOC idéal est présenté comme un MOOC dont les vidéos serait attractives et ludiques.

Le MOOC idéal, c’est des vidéos mais pas le prof assit à son bureau, donc avec une mise en scène, des personnes qui interagissent, qui manipulent des objets. E1

Le montage et le scénario doivent être pensés pour tenir les participants en haleine.

Comme un montage de film sans longueur, que ce soit encore plus scénarisé avec une conception assez visuelle. E2

Le MOOC idéal ce serait celui où on ne s’ennuie pas, où on attend la chute à la fin comme dans un bon film. E3

Pour finir, un répondant imagine un MOOC qu’il décrit comme « idéal ». Celui-ci ferait appel à la réalité augmentée pour plonger le participant dans un autre univers dans lequel il aurait des missions à réussir.

Le MOOC idéal pourrait se présenter sous la forme de missions dans lesquelles certains aspects seraient davantage ludifiés. Je ne sais pas ce que l’on pourrait imaginer avec la réalité augmentée, on pourrait presque être totalement immergé dans un autre univers. E3

 

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Cette entrée a été publiée le 4 mars 2016 par dans Articles.
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