Isabelle Quentin

Des réseaux en éducation aux MOOC

A roadmap for Education Technology (2010) – Résumé


Je vous propose un résumé du rapport  intitulé « A roadmap for Education Technology » paru en 2010 sous la direction du CCC, du MST et du CRA.

Bonne lecture à tous !

Tous les commentaires seront les bienvenus

Le point de vue des auteurs est que le cyberespace peut devenir un espace cognitif et collaboratif d’apprentissage basé sur la personnalisation. Le texte fait donc un focus sur les technologies numériques. Pour les auteurs de ce document, elles seront non seulement à l’origine de nouveaux modes d’apprentissage, mais aussi de nouveaux systèmes pour l’éducation. Au cours des deux prochaines décades, les technologies numériques pourraient permettre aux systèmes éducatifs de relever les grands défis auxquels ils seront confrontés :

Davantage de personnalisation : Dans une société de l’information, les apprenants devront construire leur propre savoir correspondant à leur propre vision du monde. Les individus ne devront plus compter sur une autorité pour savoir ce qu’ils doivent appendre mais sur eux-mêmes. Le monde change constamment et de plus en plus vite. Les curricula et les modes d’apprentissage devront évoluer pour être davantage personnalisés. La personnalisation de l’éducation est un défi en terme de coût car historiquement l’éducation a toujours basé sa productivité sur une forte normalisation de la production. Aucune méthode pédagogique n’est universelle et grâce aux technologies numériques, les enseignants pourront davantage personnaliser leurs séances d’apprentissages y compris pour les sciences humaines et les capacités sociales. Les étudiants pourront être informés de leur progression dans leurs apprentissages (systèmes de feed-back). Les enseignants pourront proposer aux apprenants des méthodes d’apprentissage adaptées à chaque profil d’apprenants. Les enseignements seront basés sur les derniers résultats en sciences cognitives.

Des évaluations plus pertinentes : l’évaluation devra comporter un volet sommatif mais aussi formatif. Elle est un point critique pour le changement de l’éducation et devra s’adapter à la formation tout au long de la vie et aux compétences sociales. Elle devra se pencher sur les aspects cognitifs, extra-cognitifs et affectifs de l’apprenant.

Le soutien de l’apprentissage social : les apprenants WEB 2.0 occupent une place hybride entre utilisateurs et producteurs de ressources. Ce système permet d’accéder à davantage de ressources que pourraient le proposer n’importe quel éditeur classique. La question qui se pose est celle de la sélection et de la consommation de ces ressources. L’apprenant désormais apprend dans un monde où les interactions ont un rôle fondamental dans la développement de la cognition. Le Web 2.0 facilitent l’émergence de communautés d’apprentissage avec des dichotomies autour des apprentissages formels et informels, face-à-face et online, dans les murs et hors les murs. Les pairs, les parents joueront un rôle de plus en plus important dans les apprentissages.

La disparition de certaines frontière : il y aura de moins en moins de frontières entre l’éducation formelle et informelle (personnes habilitées, lieux d’apprentissage dédiés et curricula formels). Des interfaces de plus en riches soutiendront les apprentissages tout au long de la vie.

Des nouvelles méthodes d’apprentissage : les méthodes fixes (manuels scolaires) vont disparaître au profit de l’enseignement connecté. L’école doit aussi favoriser les apprentissages et les habiletés extracurriculaires (esprit critique, activités collaboratives, la capacité de poser les bonnes questions, de savoir argumenter et de tenir compte des feed-back (métacognition).

Des outils plus performants :

  • Les logiciels éducatifs devront être capable d’identifier les compétences des apprenants, l’état de leur apprentissage et de définir des stratégies pédagogiques adaptées et en lien avec leurs centres d’intérêts. Il s’agit de développer des modèles génériques comportant un système de représentation des connaissances dans un domaine et un mécanisme de raisonnement. Ils ressembleront à des systèmes experts.
  • Les outils digitaux embarqués faciliteront l’accès, la personnalisation et l’engagement des apprenants.
  • Les réseaux sociaux seront un vecteur très puissant sur les apprentissages. En 2030, les pratiques de réseautage seront davantage valorisées par l’éducation. Les enseignants eux-mêmes s’investiront dans de telles communautés. Les frontières entre apprentissages formels et informels seront de plus en floues.
  • La recherche n’a pas encore produit de résultats probants sur la qualité et la nature des apprentissages acquis par la méthode des jeux sérieux.  Les jeux sérieux semblent néanmoins  prometteurs et la recherche devra déterminer quelles seront les plus-values des jeux sur l’acquisition des compétences sociales et comment intégrer ses jeux dans les cursus pédagogiques.
  • Les environnements numériques seront de plus en plus intelligents. Ils mobiliseront le langage naturel et les apprentissages machine. Ils permettront des rétroactions souples et évolutives, l’acquisition de compétences sociales, des simulations interactives et des exemples pédagogiques tirés des centres d’intérêts de l’apprenant. Les interfaces devront être riches et ouvertes pour répondre aux besoins des différentes catégories d’apprenants (élèves, formation tout au long de la vie, situation de handicap ou de maladies chroniques). Elles permettront d’analyser les actions cognitives, extra-cognitives et affectives des apprenants et seront basées sur des technologies telles que les puces RFID, le GPS ou le MSR.

Le renforcement du rôle des parties prenantes : Le matériel pédagogique devra être garant de la sécurité. Les questions de respect du droit à la vie privée seront primordiales. Le rôle des enseignants sera diversifié et le rôle des parties prenantes sera amplifié.

Les changements de politique : Le système éducatif actuel est trop stratifié (peu de passerelles ente les différents statuts). L’éducation pour tous doit devenir un droit civique. Le changement sera long et systémique et doit amener les citoyens à s’investir dans des communautés, à participer à des réseaux sociaux et à choisir par eux-mêmes les environnements qui leur conviennent.

Référence :

A roadmap for Education Technology, CCC-MST-CRA (2010) téléchargeable ici

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Cette entrée a été publiée le 22 juin 2012 par dans Articles, et est taguée , , .
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